Blessée et souffreteuse, l'équipe d'Allemagne va devoir élever son niveau jeudi à Bâle lors du premier quart de finale de l'Euro 2008 si elle veut éliminer une sélection du Portugal rayonnante de santé et bien reposée. Le sort de cette partie dépend grandement de la performance des deux plus grands talents présents à ce rendez-vous: Cristiano Ronaldo côté lusitanien et Michael Ballack dans le camp allemand.
Les deux hommes ont eu plusieurs occasions de se mesurer directement et indirectement au cours de la saison. C'est le Portugais qui l'emporte largement. Son club, Manchester United, a été sacré champion d'Angleterre devant Chelsea, celui de Ballack. En finale de la Ligue des champions, la confrontation entre les deux ténors de Premier League a aussi tourné à l'avantage de Manchester.
"Je m'intéresse exclusivement au match qui vient", a estimé Ballack. "Je connais quelques joueurs (portugais), ils ont de grosses individualités, pas seulement Ronaldo. Cela promet un très bon match".
Lourde et lente, la défense germanique a affiché ses limites lors de sa défaite face à la Croatie au jeu technique et alerte (0-2). Elle sera d'évidence en danger face à la vivacité d'exécution des Portugais, Ronaldo en tête.
Jens Lehmann, le portier d'Arsenal et de la Mannschaft, croit avoir l'antidote pour contrer le poison portugais. Il en a parlé à Arne Friedrich, son latéral droit. "Mes coéquipiers d'Arsenal avaient trouvé un moyen pour stopper Ronaldo. J'ai ai discuté avec Arne", a expliqué Lehmann. "Ronaldo peut faire la différence et être merveilleux à regarder si nous n'avez pas à jouer contre lui...".
Le technicien allemand, Joachim Löw, exclu lors de la dernière rencontre de poule face à l'Autriche (1-0), pourrait être suspendu. Suivre la rencontre depuis les tribunes n'est pas son seul souci. Son meilleur réalisateur avec trois buts, Lukas Podolski, touché au mollet gauche, est incertain tout comme Torsten Frings, un des moteurs de l'équipe, qui a une côte fracturée.
Löw récupère en revanche le très athlétique Bastian Schweinsteiger qui était suspendu au match précédent. Le Munichois avait inscrit deux des trois buts de la victoire allemande sur le Portugal (3-1) dans la finale pour la troisième de la Coupe du monde 2006.
Grâce à une qualification en quart de finale acquise après deux matches, Luiz Felipe Scolari a pu faire reposer ses cadres comme Ronaldo et Deco ainsi que six autres titulaires lors de l'ultime match de poule perdu face aux Suisses (0-2).
Scolari tente d'emmener son équipe pour la deuxième fois consécutivement en finale de l'Euro avant de prendre les rênes de Chelsea où il retrouvera Ballack. Il pense que l'Allemagne pourrait constituer un rude obstacle. "Nous savons que l'Allemagne sera très forte", a assuré le technicien brésilien.
Les deux formations se sont rencontrées à deux reprises à l'Euro. Elles ont fait match nul (0-0) au premier tour de l'édition 1984 puis, en 2000, les remplaçants portugais ont mis en déroute (3-0) les Allemands lors du dernier match de la phase de poule alors que leur pays était déjà qualifié. AP
Auteur du but qualifiant l'Allemagne pour les quarts de finale de l'Euro 2008 lundi face à l'Autriche (1-0), Michael Ballack a évoqué sur le site de l'UEFA la rencontre qui opposera la Mannschaft au Portugal, jeudi à Bâle, faisant des coéquipiers de Cristiano Ronaldo les favoris de ce match. "Je pense que le Portugal part favori mais peut-être que ce sera bénéfique pour nous", a estimé le milieu de terrain de Chelsea. "Ils sont très bons individuellement. Ils jouent bien devant et ne se concentrent pas trop sur la défense. C'est une grande équipe, à l'image de Ronaldo qui a fait une grande saison en Angleterre", a confié le capitaine allemand
Inspirée et incisive, la star portugaise régale l'assistance lors de sa première conférence de presse.
Cristiano Ronaldo fait le spectacle. Sur tous les terrains. Sa première apparition en conférence de presse depuis le début de l'Euro régale les accrédités présents. Décontractée, inspirée et incisive, la star portugaise sert le show en duo avec son coéquipier Petit. Un signe du pouce en direction d'un journaliste précède une entrée en matière consistante à propos du quart de finales Portugal - Allemagne, programmé jeudi à Bâle. Jens Lehmann a lancé la première attaque. Le gardien allemand a affirmé que la «Mannschaft» avait découvert le secret pour maîtriser Ronaldo. «Il a raison. Il me connaît très bien avec le nombre de buts que je lui ai marqué», réplique-t-il. Les rires du jour contrastent avec son air courroucé au terme de l'entraînement lundi soir. Un comprimé contre les aigreurs d'estomac aurait calmé les douleurs. «Il a perdu lors du petit match à cinq contre cinq et il n'aime pas ça», explique Petit. «Je suis un gagnant», reprend Ronaldo. «Si vous ne l'êtes pas dans votre profession de journalistes, vous n'avez pas d'ambition. Rassurez-vous, tout va bien aujourd'hui. Ce matin, j'ai battu Petit au tennis de table en jouant avec la main gauche.» Son coéquipier sort une sucette orange de sa poche et la lui tend. «Tiens, avec ça, tu seras moins triste et tu parleras moins. Je t'ai laissé gagner pour te remonter le moral.»
«J'espère être le petit détail»
La bonne humeur des deux hommes est contagieuse. La botte secrète de Ronaldo réside-t-elle dans le pantalon de survêtement qu'il porte à chaque entraînement? «Non, je suis le seul à le faire à part notre gardien simplement parce qu'il fait froid.»
Les choses sérieuses reprennent leurs droits. Ronaldo jongle avec les mots, il s'amuse face aux micros. «Matthaüs a le droit de penser que Ricardo est notre point faible. C'est un bon gardien qui nous donne confiance.» Le Portugal dispose de deux jours de repos supplémentaires par rapport à son contradicteur germanique. «Je ne mentirai pas, c'est un avantage. Mais ce facteur ne décidera pas le match.» Le représentant d'une chaîne de télévision portugaise souhaite plus de précision sur les incontournables petits détails qui feront la différence. «J'espère être le petit détail», rigole Ronaldo. Les Allemands taillent un costume de favori pour les Portugais. «Ils essayent, c'est normal. Nous évoluons dans un registre plus technique, les Allemands dans un registre plus physique. Cela ne nous pose pas de problèmes. Nous savons ce que nous devons faire sur le terrain. Nous sommes en pleine confiance.» Luiz Felipe Scolari, l'entraîneur du Portugal, rejoindra Chelsea au terme de l'Euro. «Je n'ai pas de préférence pour son successeur, j'espère un bon entraîneur.» Le futur personnel de Ronaldo demeure un sujet tabou (voir encadré). Son actualité est le troisième trophée qu'il ambitionne cette saison après ceux de la ligue des champions et de la Premier League.



